Mise Ă jour juridique : 14 octobre 2026. Le texte n° 21 « Encadrer les usages des produits Ă base de cannabidiol », dĂ©posĂ© au SĂ©nat le 8 octobre 2026 par Guillaume Gontard et plusieurs sĂ©nateurs et sĂ©natrices, est une proposition de loi. Il nâest pas entrĂ© en vigueur. Ă ce stade, aucune des nouvelles obligations dĂ©crites ci-dessous ne sâapplique.
TraçabilitĂ© des fleurs, permis pour les points de vente, contrĂŽle des mineurs, TVA au taux normal et exception routiĂšre jusquâĂ 2 ng/ml de THC dans le sang : le texte propose une refonte importante du cadre français du CBD. Sâil Ă©tait adoptĂ© sans modification, il professionnaliserait une partie du marchĂ©, mais crĂ©erait aussi de nouvelles contraintes administratives et plusieurs difficultĂ©s dâinterprĂ©tation.
Ce quâil faut retenir
- Le texte a seulement Ă©tĂ© dĂ©posĂ© au SĂ©nat : ce nâest pas une loi applicable.
- Il crĂ©erait un « casier chanvrier », câest-Ă -dire une base de traçabilitĂ© â pas un casier judiciaire.
- Les magasins vendant des fleurs brutes devraient ĂȘtre dĂ©clarĂ©s et exploitĂ©s par un titulaire formĂ© et autorisĂ©.
- La vente aux mineurs serait explicitement interdite et les distributeurs automatiques devraient vĂ©rifier lâĂąge.
- Les produits principalement composés de fleurs seraient soumis au taux normal de TVA.
- En matiĂšre de conduite, le texte crĂ©erait une exception trĂšs encadrĂ©e lorsque le THC provient dâun produit CBD conforme et ne dĂ©passe pas 2 ng/ml dans le sang.
De quel texte parle-t-on exactement ?
La proposition de loi n° 21 (2026-2027) a été déposée le 8 octobre 2026 et renvoyée à la commission des affaires sociales du Sénat. Son exposé des motifs décrit un secteur économique en croissance, mais encore soumis à un ensemble de rÚgles dispersées. Les auteurs veulent notamment améliorer la traçabilité, homogénéiser les pratiques commerciales et apporter une réponse au contentieux de la conduite aprÚs consommation de CBD.
Le texte comporte six articles. Lâessentiel du dispositif se trouve dans lâarticle 1, qui insĂ©rerait un nouveau chapitre dans le code de la santĂ© publique. Les autres articles traitent de TVA, de transformation du chanvre, de vente aux mineurs et de sĂ©curitĂ© routiĂšre.
Les principales mesures proposées
| Sujet | Ce que prévoit le texte | Conséquence possible |
|---|---|---|
| Traçabilité | Enregistrement des producteurs et importateurs, déclaration des lots et accÚs des autorités. | Plus de contrÎles documentaires et une origine des fleurs plus facilement vérifiable. |
| Ătiquetage | Origine, numĂ©ro de lot, conformitĂ©, interdiction aux mineurs et avertissement grossesse. | Refonte de nombreux emballages et procĂ©dures qualitĂ©. |
| Points de vente | Déclaration préalable et permis obtenu aprÚs une formation spécifique. | Professionnalisation, mais coûts et formalités supplémentaires. |
| Fiscalité | Exclusion des produits principalement composés de fleurs des taux réduits. | Application du taux normal de TVA, en principe 20 %. |
| Mineurs | Interdiction de vente ou dâoffre gratuite ; preuve de majoritĂ© demandĂ©e. | ContrĂŽle dâĂąge obligatoire, y compris pour les automates. |
| Conduite | Exception si le THC vient dâun produit CBD conforme et si le sang ne dĂ©passe pas 2 ng/ml. | Possible protection contre certaines poursuites, mais preuve complexe. |
Un « casier chanvrier » pour tracer producteurs, importateurs et lots
Le futur article L. 3514-8 du code de la santĂ© publique crĂ©erait un traitement automatisĂ© de donnĂ©es personnelles appelĂ© « casier chanvrier ». MalgrĂ© son nom, il ne sâagit pas dâun fichier pĂ©nal. Son objectif serait de relier les opĂ©rateurs aux parcelles, variĂ©tĂ©s, volumes, stocks et lots quâils dĂ©clarent.
Les producteurs devraient notamment dĂ©clarer leurs parcelles, les variĂ©tĂ©s cultivĂ©es, les volumes rĂ©coltĂ©s et leurs stocks. Les importateurs devraient renseigner les volumes, les origines, les variĂ©tĂ©s et les justificatifs de conformitĂ©. Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©ciserait le fonctionnement du fichier, la durĂ©e de conservation et ses modalitĂ©s dâaccĂšs.
Chaque lot de fleurs brutes disposerait dâun identifiant unique. Pour la production française, le lot serait liĂ© Ă une mĂȘme parcelle et Ă une mĂȘme rĂ©colte. Pour lâimportation, il serait rattachĂ© Ă une opĂ©ration dâimportation, une variĂ©tĂ© et un type de produit. Les douanes, la DGCCRF, la police, la gendarmerie et certains services sanitaires ou agricoles pourraient consulter les informations nĂ©cessaires Ă leurs missions.
Quelles sanctions en cas de dĂ©faut dâenregistrement ?
La mise sur le marchĂ© de fleurs non rattachĂ©es Ă un lot enregistrĂ© deviendrait interdite, y compris lorsquâelles sont offertes gratuitement. Le dĂ©faut dâenregistrement pourrait ĂȘtre sanctionnĂ© jusquâĂ 7 500 euros pour une personne physique et 37 500 euros pour une personne morale. Dans les situations graves ou rĂ©pĂ©tĂ©es, une fermeture temporaire pouvant aller jusquâĂ 48 heures serait possible selon la procĂ©dure prĂ©vue.
Pour les importations, un opĂ©rateur Ă©tabli dans lâUnion europĂ©enne â ou un reprĂ©sentant responsable â devrait garantir la conformitĂ©. Les documents justificatifs devraient ĂȘtre conservĂ©s pendant cinq ans.
Ătiquetage : davantage dâinformations obligatoires
Les contenants des produits concernés devraient mentionner de façon lisible et indélébile :
- le pays dâorigine ;
- lâidentifiant du lot ;
- une déclaration de conformité aux rÚgles applicables ;
- lâinterdiction de vente aux moins de 18 ans ;
- un avertissement dĂ©conseillant lâusage pendant la grossesse.
Le dĂ©tail des mentions et leur prĂ©sentation seraient fixĂ©s par dĂ©cret. Des produits non conformes pourraient faire lâobjet dâune amende, dâun retrait, dâune saisie ou dâune consignation. Le transport devrait par ailleurs ĂȘtre accompagnĂ© de documents permettant dâĂ©tablir lâorigine, la traçabilitĂ© et la conformitĂ©.
Un permis et une formation pour vendre des fleurs brutes
Le texte impose une dĂ©claration Ă©crite au moins quinze jours avant lâouverture, le dĂ©placement ou le transfert dâun point de vente de fleurs brutes. Ă Paris, cette dĂ©claration serait adressĂ©e Ă la prĂ©fecture de police ; ailleurs, Ă la mairie, qui la transmettrait au prĂ©fet.
Lâexploitation dâun tel point de vente serait subordonnĂ©e Ă un permis, dĂ©livrĂ© aprĂšs une formation portant notamment sur le droit du CBD, la protection des mineurs, la traçabilitĂ© et les responsabilitĂ©s civiles, pĂ©nales et administratives. La durĂ©e du permis, son renouvellement et le montant des sanctions seraient renvoyĂ©s Ă un dĂ©cret.
En cas de manquement, lâadministration pourrait prononcer une mise en demeure, une amende, une suspension, un retrait du permis ou une fermeture administrative, avec une procĂ©dure contradictoire sauf urgence prĂ©vue par le texte.
Zone dâincertitude : le texte vise clairement les « points de vente » de fleurs brutes, mais ne formule pas dâinterdiction gĂ©nĂ©rale de la vente en ligne. Il ne crĂ©e pas non plus de monopole pour les buralistes. Le rĂ©gime exact applicable aux pure players du commerce Ă©lectronique devrait ĂȘtre clarifiĂ© par les dĂ©bats, les amendements ou les textes dâapplication.
TVA : le taux normal pour les produits principalement composés de fleurs
Lâarticle 2 modifierait le code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts afin dâĂ©carter des taux rĂ©duits les produits composĂ©s principalement de fleurs brutes de chanvre. Lâobjectif affichĂ© est une application homogĂšne du taux normal de TVA, soit en principe 20 %.
Pour les entreprises qui appliquent dĂ©jĂ 20 %, lâeffet direct sur les prix serait limitĂ©. Pour celles qui utilisent un taux rĂ©duit, la mesure pourrait diminuer la marge ou entraĂźner une hausse du prix TTC. Le texte ne crĂ©e toutefois pas une accise spĂ©cifique sur le CBD : lâaugmentation de lâaccise sur les tabacs mentionnĂ©e Ă lâarticle 6 est un « gage » financier classique destinĂ© Ă compenser formellement une Ă©ventuelle charge publique.
Transformation : sécuriser les produits intermédiaires
Lors de certaines opĂ©rations de transformation, un produit intermĂ©diaire ou un sous-produit peut temporairement dĂ©passer la limite habituelle de THC alors que le produit final doit rester conforme. Lâarticle 3 protĂ©gerait la dĂ©tention, le transport et lâutilisation de ces matiĂšres lorsquâelles sont enregistrĂ©es, tracĂ©es et exclusivement destinĂ©es Ă la transformation. Elles ne pourraient pas ĂȘtre vendues en lâĂ©tat.
Cette mesure pourrait sĂ©curiser juridiquement certaines activitĂ©s françaises dâextraction ou de transformation, Ă condition que toute la chaĂźne documentaire soit solide. Elle ne relĂšverait pas le seuil de THC applicable aux produits finis et ne rendrait pas commercialisable un produit intermĂ©diaire non conforme.
Mineurs : une interdiction explicite et un contrĂŽle de lâĂąge
Lâarticle 4 interdirait la vente et lâoffre gratuite de produits CBD aux mineurs. Le vendeur devrait exiger la preuve de la majoritĂ©. Les distributeurs automatiques ne seraient autorisĂ©s que sâils disposent dâun dispositif effectif de vĂ©rification de lâĂąge.
Pour le commerce en ligne, le principe dâinterdiction serait clair, mais la proposition ne dĂ©crit pas la technique prĂ©cise de vĂ©rification Ă distance. Un simple bouton « Jâai plus de 18 ans » pourrait difficilement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un contrĂŽle robuste si des exigences plus strictes Ă©taient fixĂ©es ultĂ©rieurement.
CBD et conduite : que changerait le seuil de 2 ng/ml ?
Aujourdâhui, lâarticle L. 235-1 du code de la route sanctionne la conduite aprĂšs usage de stupĂ©fiants lorsque lâanalyse Ă©tablit la prĂ©sence dâune substance classĂ©e comme stupĂ©fiant. En juin 2023, la Cour de cassation a rappelĂ© que lâinfraction peut ĂȘtre constituĂ©e quelle que soit la dose absorbĂ©e et mĂȘme lorsque le THC dĂ©tectĂ© provient dâun produit prĂ©sentĂ© comme du CBD.
Lâarticle 5 ajouterait une exception : lâinfraction ne serait pas constituĂ©e lorsque la prĂ©sence de THC rĂ©sulte exclusivement de lâusage de produits conformes Ă la dĂ©finition proposĂ©e des fleurs brutes de chanvre et que la concentration sanguine ne dĂ©passe pas 2 nanogrammes par millilitre.
Ce dispositif ne constituerait pas un droit Ă conduire aprĂšs avoir consommĂ© du CBD. Il faudrait Ă la fois dĂ©montrer lâorigine licite et conforme du THC et rester sous le seuil sanguin. Or la proposition ne prĂ©cise pas comment cette origine serait prouvĂ©e, comment lâautomobiliste obtiendrait rapidement une analyse sanguine ni comment le seuil sâarticulerait avec le dĂ©pistage salivaire.
La prudence reste donc indispensable : le CBD peut entraßner une somnolence chez certaines personnes, et les produits contenant des traces de THC peuvent conduire à un dépistage positif. Pour approfondir, consultez notre guide sur le CBD, la conduite et les tests salivaires, ainsi que notre analyse de la loi RIPOST et du permis de conduire.
Quel impact possible sur le marché français du CBD ?
1. Un avantage pour les opérateurs déjà structurés
Les entreprises capables de produire des analyses, des factures, une origine documentée et une traçabilité par lot seraient les mieux placées. Un registre centralisé pourrait compliquer la mise sur le marché de fleurs sans origine démontrable et faciliter les contrÎles coordonnés.
2. Des coûts de mise en conformité
Les commerces devraient financer la formation, le permis, les changements dâemballage, la conservation des documents et les adaptations informatiques. Ces coĂ»ts pĂšseraient proportionnellement davantage sur les petites structures. Ă terme, ils pourraient accĂ©lĂ©rer la consolidation du secteur, sans quâil soit possible dâen chiffrer aujourdâhui lâampleur.
3. Une pression sur certains prix
Le passage au taux normal de TVA pour les opĂ©rateurs qui appliqueraient aujourdâhui un taux rĂ©duit pourrait provoquer une augmentation des prix ou une rĂ©duction des marges. En revanche, les vendeurs dĂ©jĂ au taux normal ne subiraient pas ce choc fiscal spĂ©cifique.
4. Une filiÚre française potentiellement mieux sécurisée
La dĂ©rogation encadrĂ©e pour la transformation pourrait favoriser davantage dâopĂ©rations sur le territoire français. Le dispositif de lots pourrait aussi mieux valoriser lâorigine française, si les dĂ©crets restent praticables et si les obligations sont proportionnĂ©es.
5. Une clarification attendue pour les consommateurs
Origine, numĂ©ro de lot, avertissements et contrĂŽle des mineurs peuvent amĂ©liorer la lisibilitĂ©. Mais la traçabilitĂ© ne remplace pas une analyse de laboratoire ni un contrĂŽle de composition. Le texte nâinstaure pas, dans sa rĂ©daction actuelle, un protocole national dĂ©taillĂ© dâanalyses obligatoires pour chaque catĂ©gorie de produit.
Ce que la proposition de loi ne dit pas
- Elle nâinterdit pas explicitement la vente de CBD sur Internet.
- Elle ne réserve pas la vente aux bureaux de tabac.
- Elle ne légalise pas automatiquement les aliments au CBD soumis au régime européen des nouveaux aliments.
- Elle ne relÚve pas la limite générale de THC des produits finis.
- Elle ne rÚgle pas spécifiquement la question des néo-cannabinoïdes ou cannabinoïdes semi-synthétiques, analysée dans notre dossier sur les néo-cannabinoïdes en 2026.
- Elle ne fixe pas encore le contenu exact de la formation, la durée du permis ni toutes les modalités du casier chanvrier.
Les fragilités et ambiguïtés du texte
PremiĂšre difficultĂ© : lâexposĂ© des motifs Ă©voque un enregistrement Ă©tendu aux producteurs, importateurs, transformateurs et distributeurs, alors que le dispositif du futur article L. 3514-8 vise explicitement les producteurs et importateurs. En droit, câest le texte normatif adoptĂ© qui compte, pas lâintention gĂ©nĂ©rale exposĂ©e avant les articles.
DeuxiĂšme difficultĂ© : plusieurs obligations renvoient Ă la dĂ©finition des « fleurs brutes de chanvre », tandis que certaines formulations parlent plus largement de produits contenant du cannabidiol. La portĂ©e exacte pour les rĂ©sines, extraits, huiles, cosmĂ©tiques ou produits transformĂ©s devra ĂȘtre clarifiĂ©e.
TroisiÚme difficulté : le casier chanvrier traiterait des données personnelles et commerciales potentiellement sensibles. Ses finalités, les personnes autorisées à consulter les données, la durée de conservation et la sécurité du systÚme devront respecter les exigences de nécessité et de proportionnalité rappelées par la CNIL.
Enfin, aucune disposition transitoire détaillée ne dit combien de temps les magasins déjà ouverts auraient pour obtenir leur permis, écouler les anciens emballages ou reprendre leurs stocks dans le nouveau systÚme.
Comment la proposition pourrait-elle devenir une loi ?
- Examen en commission : un rapporteur peut ĂȘtre dĂ©signĂ©, organiser des auditions et proposer des amendements.
- Inscription Ă lâordre du jour : sans crĂ©neau de dĂ©bat, un texte dĂ©posĂ© peut rester longtemps sans vote.
- Séance publique au Sénat : les sénateurs examinent les articles et amendements, puis votent.
- Assemblée nationale : si le Sénat adopte le texte, il est transmis aux députés, qui peuvent le modifier.
- Navette ou commission mixte paritaire : les deux chambres doivent parvenir Ă un texte identique.
- Promulgation et contrĂŽle Ă©ventuel : le texte adoptĂ© peut ĂȘtre soumis au Conseil constitutionnel avant sa promulgation.
- DĂ©crets dâapplication : une grande partie du dispositif ne pourrait fonctionner quâaprĂšs publication des mesures rĂ©glementaires annoncĂ©es.
Au 14 octobre 2026, le dossier lĂ©gislatif officiel mentionne uniquement le dĂ©pĂŽt du 8 octobre et le renvoi en commission. Aucun vote du SĂ©nat, rapport de commission ou calendrier dâexamen nây est encore publiĂ©. Il est donc impossible dâaffirmer que le texte sera adoptĂ©, Ă quelle date ou dans cette rĂ©daction.
Que devraient préparer les professionnels dÚs maintenant ?
Il serait prĂ©maturĂ© dâengager des dĂ©penses uniquement sur la base de cette proposition. En revanche, plusieurs prĂ©paratifs sont utiles quel que soit son avenir :
- cartographier les fournisseurs, les origines et les lots ;
- centraliser analyses, factures, certificats et documents de transport ;
- vĂ©rifier que chaque rĂ©fĂ©rence dispose dâune preuve de conformitĂ© exploitable ;
- documenter la procédure de contrÎle de majorité ;
- identifier les emballages qui devraient ĂȘtre modifiĂ©s ;
- vérifier le taux de TVA réellement appliqué avec un professionnel compétent ;
- suivre les travaux de la commission et les amendements plutĂŽt que le seul texte initial.
FAQ sur la proposition de loi CBD du 8 octobre 2026
La proposition de loi CBD est-elle déjà applicable ?
Non. Au 14 octobre 2026, elle est seulement dĂ©posĂ©e au SĂ©nat et renvoyĂ©e en commission. Les rĂšgles actuelles continuent de sâappliquer.
Le « casier chanvrier » est-il un casier judiciaire ?
Non. Le texte emploie ce nom pour désigner une base administrative de traçabilité des opérateurs et des lots.
Les CBD shops devraient-ils obtenir un permis ?
Dans la rĂ©daction dĂ©posĂ©e, lâexploitation dâun point de vente de fleurs brutes nĂ©cessiterait un permis aprĂšs une formation spĂ©cifique. Les modalitĂ©s seraient fixĂ©es par dĂ©cret.
La vente en ligne serait-elle interdite ?
Le texte ne prĂ©voit pas dâinterdiction gĂ©nĂ©rale explicite du commerce en ligne. Il interdit cependant la vente aux mineurs et exige une vĂ©rification de la majoritĂ©. Le champ du permis pour les vendeurs exclusivement en ligne reste Ă clarifier.
Le CBD passerait-il automatiquement Ă 20 % de TVA ?
Le texte vise les produits principalement composĂ©s de fleurs brutes et les exclut des taux rĂ©duits, ce qui conduit en principe au taux normal. Il ne signifie pas que toutes les catĂ©gories de produits CBD recevraient nĂ©cessairement le mĂȘme traitement.
Pourrait-on conduire avec jusquâĂ 2 ng/ml de THC ?
Le texte crĂ©erait une exception pĂ©nale trĂšs Ă©troite si le THC vient exclusivement de produits CBD conformes et si la concentration sanguine ne dĂ©passe pas 2 ng/ml. Cela ne garantit ni lâabsence de dĂ©pistage positif ni lâaptitude Ă conduire.
Sources principales
- SĂ©nat â texte intĂ©gral de la proposition de loi n° 21, dĂ©posĂ©e le 8 octobre 2026, consultĂ©e le 14 octobre 2026.
- SĂ©nat â exposĂ© des motifs, consultĂ© le 14 octobre 2026.
- SĂ©nat â dossier lĂ©gislatif et Ă©tat de la procĂ©dure, consultĂ© le 14 octobre 2026.
- SĂ©nat â la procĂ©dure lĂ©gislative, consultĂ© le 14 octobre 2026.
- ArrĂȘtĂ© du 30 dĂ©cembre 2021 relatif au chanvre.
- Conseil dâĂtat â annulation de lâinterdiction gĂ©nĂ©rale des fleurs et feuilles de CBD, 29 dĂ©cembre 2022.
- Cour de cassation, chambre criminelle, 21 juin 2023, conduite aprÚs usage de stupéfiants et CBD.
- Service-Public.fr â conduite sous stupĂ©fiants, version consultĂ©e le 14 octobre 2026.
- CNIL â finalitĂ© et proportionnalitĂ© des traitements de donnĂ©es.
Cet article fournit une information gĂ©nĂ©rale et ne constitue pas un conseil juridique. Le texte peut ĂȘtre profondĂ©ment modifiĂ© ou ne jamais ĂȘtre adoptĂ©.
