🎁 -10% code : MRSWEET 🎁

Titre complet : De Historia Stirpium commentarii insignes

Page de titre : « De Historia Stirpium, Leonhart Fuchs, 1542 — traitĂ© fondateur de la  botanique europĂ©enne. »

Auteur :
Leonhart Fuchs
(1501–1566), mĂ©decin, professeur de mĂ©decine Ă  l’UniversitĂ© de TĂŒbingen, botaniste humaniste.

Date de publication :
1542

Lieu d’édition :
BĂąle, Suisse

Imprimeur / Éditeur :
In Officina Isingriniana
(Imprimerie de Michael Isingrin)

Langue originale :
Latin humaniste

Source: Université de Strasbourg (édition restaurée) 

Analyse par Cannarchive : 


📜 Au milieu du XVIᔉ siĂšcle, l’Europe entre dans une pĂ©riode de transformation intellectuelle profonde. Les plantes, longtemps considĂ©rĂ©es comme des symboles religieux ou des allĂ©gories morales, deviennent des objets de connaissance empirique.
On ne se contente plus de savoir qu’une plante existe : on veut en dĂ©crire la forme, les usages, les variĂ©tĂ©s, et les conditions de croissance. La Renaissance ne redĂ©couvre pas seulement l’AntiquitĂ© : elle invente la science de l’observation.

Portrait de Leonhart Fuchs :
« Leonhart Fuchs (1501–1566), mĂ©decin et botaniste, professeur Ă  TĂŒbingen. »


🔬 C’est dans cet Ă©lan que s’inscrit Leonhart Fuchs, mĂ©decin et professeur de mĂ©decine Ă  TĂŒbingen, humaniste passionnĂ© par le savoir ancien mais aussi par l’étude directe du monde naturel. En 1542, il publie De Historia Stirpium, un ouvrage monumental de plus de 500 plantes, accompagnĂ©es de gravures rĂ©alisĂ©es d’aprĂšs des observations rĂ©elles.
Ce livre n’est pas un herbier romantique : il est l’un des actes fondateurs de la botanique moderne, oĂč la description rigoureuse remplace l’interprĂ©tation symbolique. Parmi ces plantes figure Cannabis sativa.
La gravure qui l’accompagne est remarquablement prĂ©cise : on y voit la silhouette verticale de la plante, ses feuilles palmĂ©es distinctives, les grappes de fleurs et de graines. Rien n’est idĂ©alisĂ© ou stylisĂ©. Fuchs ne cherche pas Ă  produire une image mĂ©taphorique : il veut que le lecteur puisse reconnaĂźtre la plante immĂ©diatement, dans un champ, au bord d’un fossĂ©, dans un jardin. La connaissance devient pratique, accessible, situĂ©e dans le rĂ©el.

Gravure du plant de Cannabis sativa :
« Gravure naturaliste du Cannabis sativa, dessinĂ©e d’aprĂšs plante vivante, sans stylisation, 1542. »

🌿 Dans son texte, Fuchs va plus loin encore. Il distingue deux formes de cannabis, diffĂ©rence essentielle mais aujourd’hui souvent oubliĂ©e :
Le chanvre cultivé (Cannabis sativa), semé dans les champs, utilisé pour les textiles, les cordages, les toiles, et présent dans la vie quotidienne.
Le chanvre sauvage (Cannabis sylvestris), poussant spontanĂ©ment dans les haies, les terrains vagues ou les friches, moins robuste mais clairement identifiĂ© comme appartenant Ă  la mĂȘme espĂšce.

Page 393 : « Description botanique du cannabis cultivé (sativa) et sauvage (sylvestris). »

⚕ Cette distinction montre que, dĂšs le XVIᔉ siĂšcle, les EuropĂ©ens avaient une connaissance fine de la variabilitĂ© du cannabis, non pas comme une curiositĂ© exotique, mais comme une plante locale, utile, intĂ©grĂ©e Ă  la vie ordinaire. Du cĂŽtĂ© des usages, Fuchs ne fait que compiler ce que la tradition grĂ©co-romaine et mĂ©diĂ©vale enseignait dĂ©jĂ  :
Les graines calmant certaines douleurs, les racines bouillies apaisant les enflures et inflammations et les infusions parfois utilisées pour les douleurs internes ou les troubles articulaires.


🕰 Le cannabis apparaĂźt ici au mĂȘme rang que le lin, l’orge, la mauve ou l’ortie :

une plante commune, présente dans les foyers, cultivée autant pour ses fibres que pour ses propriétés thérapeutiques.

C'est une plante utile, connue, intĂ©grĂ©e, maĂźtrisĂ©e. La portĂ©e de cet ouvrage est plus large que la plante elle-mĂȘme.
Avec De Historia Stirpium, Fuchs change la maniÚre de regarder le végétal :
On ne cherche plus ce que la plante symbolise, mais ce qu’elle est, comment elle pousse, ce qu’elle produit, et comment elle peut ĂȘtre utilisĂ©e. Ce changement mĂ©thodologique annonce toute la botanique moderne : classification, taxonomie, physiologie vĂ©gĂ©tale, pharmacognosie.
Et Ă  l’intĂ©rieur de cette histoire, le cannabis occupe une place presque Ă©vidente.

Autrement dit : le cannabis faisait dĂ©jĂ  partie du paysage, des champs, des foyers, et des savoirs savants, bien avant que les dĂ©bats modernes ne tentent d’en redĂ©finir le sens social.
Article Précédent

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent ĂȘtre approvĂ©s avant d'ĂȘtre affichĂ©s

Disponibilité

Nous utilisons des cookies pour vous offrir le meilleur service. En savoir plus
J'ai compris